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POESIE

Lundi 22 juin 2009

BALADE DE DEUX SŒURS


Elles ne voulaient pas qu’il mouille du haut

Elles voulaient du soleil dehors

Elles ne voulaient pas faire fort

Elles voulaient seulement faire beau

Elles ne voulaient pas la sente en forêt

Elles voulaient la vue panoramique

Elles ne voulaient pas du compliqué

Elles voulaient du chemin unique.

Elles ont eu

Elles ont vu

Un fort soleil brillant

Dans un ciel bleu satin

L’ombre des épicéas et sapins

Pour abriter leur teint

Les torrents bruyants

Entre l’herbe et le rocher

Les tarines au vert pré

Avec les sonnailles tintant

Le rideau tombant des cascades

Celui-ci régulier celui-là en saccades

Les couleurs naturelles de l’alpage

Le mauve de la moquette de saxifrage

Le bleu phosphorescent de la printanière gentiane

Le vert tendre de l’herbe fine

Et le ton plus haut de l’oseille sauvage

Le jaune soufrée de l’anémone

Le parme de la farineuse primevère

L’orange de l’insolente épervière

Le violet dense de l’épiaire

La drôle de bille jaune du trolle

Le jaune laqué ou blanc des renoncules

Le bleu moiré de cette belle inconnue

Le blanc du lys Saint Bruno

Le rouge naissant des rhodos

Le vert pastel des lichens squattant la pierre

La rouille luisante de l’oxyde de fer

Le roux à point blanc du jeune faon

Le gris fauve de la marmotte sifflante

Le beige velu de jeunes bouquetins

L’ombre noire de la buse ou de l’aigle

Qui là haut tourne et  surveille

Le vert de gris, le noir, le lis de vin

Le terre de sienne, le gris orangé

De la dantesque roche déchiquetée

Des aiguilles en instable équilibre

Des strates rocheuses figées dans la torture

Du pierrier de blocs en bascules

Le bleu de jade de la glace qui vibre

Les filons de turquoise d’eau en miroir figé

Du lac féerique qui n’ose sentir sa liberté


Elles ont vu encore

Le blanc laiteux du quartz en cristaux

Les névés craquant qui perdent leurs eaux

En limpides gouilles et cristallins rus

L’algue rouge dans le granité de glace perdue

Et

La transparence scintillante de la roche en cristal

L’horizon précis des cimes blanches sinusoïdal

Par Rauch de Ghiny
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Mercredi 11 juin 2008

Cupidon s'étant approché un peu trop près des rosiers du jardin de l'Olympe que butinaient des abeilles, fut cruellement piqué. De chaque piqûre jaillit une goutte de sang qui transforma les fleurs blanches en fleurs vermeilles. Vénus, affolée, se précipita à son secours et, dans sa hâte, renversa le flacon d'odeurs qu'elle portait à la ceinture. Depuis ce jour, les roses sont parfumées… ( Anectdote trouvée sur un site consacré à la Rose)

Mignonne Allons voir si j’ai ma Rose…

 J’ai cherché ma rose

Je ne l’ai pas trouvé

 

Il y là dans la roseraie

Jean Piat, Lily Marleen

Yves St Laurent, Dietrich Marlène

Charlie Chaplin, Sophie Desmaretz 


Nadine de Rothschild et son Baron

Giacomo Puccini et Mrs Butterfly…

D’autres Princes héros de batailles

Et Artistes qui furent au balcon

 

Millier de noms, millier de couleurs

Mes couleurs sont là, et pas mon nom

Ce jaune orangé eût plu à mon prénom

C’est le patronyme d’un autre, usurpateur !

 

Et puis celles-ci : EPK203, IPN302

Roses d’essais, rouge de timidité

Avec mon nom, c’eût mieux sonné

Moi illustre inconnu, rien ne se peut

 

On trouve aussi les séries X

Cuisse de Nymphe, Chloris ou même Licoris

Dis moi qui je suis… Assemblages des Beautés…

Je ne me vois pas dans ces noms osés

 

Il y a les noms évoquant la montagne

Le Cramoisi des Alpes  et Les Fées des Neiges 

Mountain Snow, MontBlanc, Boule de neige

Mais je ne suis pas né en ce pays de cocagne

 

A moins qu’il n’y ait une erreur

J’ai trouvé Joseph Guy, inconnu

Et Guy de Maupassant très connu

Guy Roger aurait fait mon bonheur

 

N’en faisons pas un malheur

Après tout dans cette roseraie

Ne poussent que 3300 rosiers

Un rose viendra bien à mon heure

 

Je profite d’Aphrodite et de Vénus

Dont elle est d’ailleurs la Fleur

Je jouis de leur beauté et de leur senteur

Il viendra bien assez tôt le temps venu

 

Où je ne caresserai plus leurs pétales

Où leur odeur sera sans émoi

Leur vision me laissera définitivement pâle

Le jour où tu seras toi sans moi.

Par Rauch de Ghiny
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Vendredi 6 juin 2008

T’as vu la statue                 

La statue tu l’a vue ?

  

La sculpture est belle

Le marbre est blanc

Des carrières de Carrare

 

Sais-tu qui elle est ?

Quel artiste l’a donc sculpté ?

A quelle époque ?

 

Je ne suis pas un cas rare

Ma tête, mon crâne sont de vent

Les dates, les noms, l’histoire…

 

Celle là c’est sûr, c’est du Baroque

Est-ce de style  Gothique, Roman

Renaissance ou Archaîque

 

Art Etrusque, Médiéval, Toscan

Colonne Corinthienne ou Dorique,

Tout cet art est d’une autre Ere

 

Par contre pour la matière

Céramique ou Terre cuite

Grès, pierre ou granit

 

Ou encore albâtre, ambre

Vermeil, or et argent

Là c’est sûr je m’y entend

 

Celle-ci n’est pas de marbre

C’est en bois polychrome

Installé sous le Dôme

 

L’ange Raphaël descend du ciel

Regarde, allongée sur la stèle

Cette plantureuse Dame

 

Vient sans doute de faire l’amour….

Dans un monastère ?

Sans doute n’avait-elle pas d’âme

 

Dans la Sixtine, en l’air

Dieu a bien le cul nu…

Et lui n’aurait-il pas bu ?

 

Dyonisos ou Bacchus… bien sûr

Il semble effectivement bien mûr

C’est un Dieu Grec ou Romain

 

Orgiaque et libertin

Tient, ici c’est du bronze

Sur la fresque ils sont onze

 

Ce n’est donc pas la Cène

C’est de là que le malheur

Porte le chiffre treize.

 

Erreur, quelle fadaise !

Quel nombre alors le bonheur ?

Au plafond la ronde des Amours

 

Danse pour des dames sans atours

Envoûtés par les satyres

Leurs voluptés se mirent

 

Dans l’eau claire de la mare

Entre fleurs de lotus et nénuphars

Cela nous amène au parc

 

Ou Diane a oublié son arc

Et caresse le chevreuil ou la biche

Qui dans son habit se niche

 

Impudiques dans les fontaines

Ce sont les bronzes qui se baignent

Sous la pluie des jeux d’eaux

 

Presque tout est beau

Nos yeux se régalent

De tout ces formes qui s’étalent

 

Pourquoi ? allez donc savoir

Nous ne connaissons pas l’Art

Primaires que nous sommes

 

Regardant comme des pommes

La courbe de ces fesses

Que la main caresse

 

La douceur de cette figure

La finesse de la sculpture

La rondeur ferme du sein

 

Ne laisse pas nos sens serein

Ces jambes toutes en forces

La puissance de ces torses

 

La lumière éclairant le néant

Le combat  fut violent

Mais la victoire magnifique

 

En reste un tableau mythique 

Une allégorique peinture

Une monumentale sculture

.

Notre muse est dans la tête

Ces splendeurs nous font la fête

Une musique nous habite

C’est la fin de la visite

Par Rauch de Ghiny
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Samedi 17 mai 2008

FLEURS DE ROCS

Sur les sentiers de bords de mer

Belles italiennes sans frontières

Accrochées à vos rochers

Aux messages énigmatiques

Ou dans l’humus réfugiées

A l’ombre des pins pacifiques

Vous vous offrez à notre vue

En toute impudeur, nues

Prêtes à tous les voluptueux assauts

Nocturne ou diurne, plus tard ou plus tôt

Du butineur ensemenceur

Pour le temps de votre fertile ferveur

Ce n’est pas à nous de vous cueillir

Simplement le temps d’un instant

Vous rencontrer, vous regarder, vous sentir

Vos beautés nous émeuvent

Vos odeurs nous transcendent

Nos phéromones s’harmonisent

Sur le roc nous décryptons  le rite

Il faut effeuiller la marguerite

Du fond des âges les sens s’attisent

Vibrations pulsions, subtiles Envies

D’effleurer la bractée

De froisser la corolle

D’exciter le pistil

De caresser l’étamine

De sucer le nectar

De plonger dans la carpelle

D’envahir l’anthère
Les ondes profondes et magiques
Implosent, secousses sismiques
Et leurs répliques



Et puis apaisés sur le roc ancestral

Flotter sur le nuage d’heur

Nager dans la voluptueuse odeur

Partir dans l’espace sidéral

Faire le tour des étoiles des galaxies

Revenir et rentrer dans le Big Bang
Initiant la vie, créant le fruit
Dans notre fleur sur le roc du temps.



Par Rauch de Ghiny
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Mardi 5 février 2008
LA PETITE FILLE EN BLEU
 
De la cour du Cheval Blanc à l’Aigle d’Or
De l’Aile de la Belle Cheminée à celle des Reines Mères
D’escaliers monumentaux en corridors
Construits de grès, de marbre, de bois et verre
De salle de Garde en salle des Huissiers
Sobre, rustique et de modeste aisance
Au Salon des Officiers par la Galerie François 1er
Toute de stucs et  fresques Renaissance
D’appartement du Pape à celui de l’Impératrice
Fleuris de faïences, de marqueteries précieuses
De la salle du Trône au Conseil des Ministres
Habillées de soieries et tapisseries prestigieuses
D’antichambre en Chambre du Roy
Meublés de lits baldaquins et commodes Boule
De salle de banquets en salle de bals
Habitées de statues dénudées et peintures glorieuses
De salons aux cheminées contant l'histoire du temps
Résonant du silence d'horloges d'Argent

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Il y eût soudain dans mes yeux
Entre Armoiries, blasons d’or et d’ivoire
Sous le regard d’une mère et son enfant
Effaçant d’un clic huit siècles d’Histoire
La Petite Fille en bleu
Vive, étonnée, Reine d’un fugace instant
Par Rauch de Ghiny
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Mercredi 30 janvier 2008
Cette photographie d'une ferme d'alpage située à 1600 m d'altitude à été prise en
été 2003. Ce dernier été elle était encore en activité. L'eau est à l'extérieur, il n'y a pas l'électricité... on y vit avec vaches, chèvres, poules et chats de juin à octobre.

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       APATHIE
Avant la neige tombait dès l’automne
Avant le torrent et la gouille gelaient
Avant à la ferme, à l’école, à l’église
Avant pour y aller une tranchée
Avant on ne bougeait pas de sa Vallée
 
Avant de la cheminée ensemble et autour
Avant il avait les frères, sœurs, cousins cousines
Avant il y avait les histoires et les amours
Avant il y avait l’accoucheuse et les voisines
Avant on aimait dans sa Vallée
 
Avant le troupeau n’emmontagnait qu’en juin
Avant la vache ne faisait que lait, crème et beurre
Avant elle ne mangeait qu’herbes et fleurs
Avant l’alpage donnait santé et bon teint
Avant on chantait en musique dans sa Vallée
 
Avant il y avait chevaux, veaux et vaches 
Avant le fromage sentait bon l’Alpage
Avant l’eau était claire et limpide
Avant il y avait le crétin de l’Alpe
Avant on restait là dans sa Vallée
 
Avant le drap, le vêtement, le raisin sec et le safran
Avant montaient avec le mulet du colporteur
Avant le bois, le métal tournés, l’hiver de labeur
Avant descendaient avec le char du marchand
Avant on travaillait dans sa Vallée
 
Avant avec les hauts sommets et la neige
Avant avec la gnole de vipère et le fromage
Avant est arrivé l’aventurier touristique
Avant il a rempli hôtels et téléphériques
Avant on se bougeait dans sa Vallée
 
Après il y a eu les téléskis et l’automobile
Après il y a eu le cinéma et la grande ville
Après le montagnard a ensorcelé la belle étrangère
Après l’aventurier des cités a troussé la blonde bergère
Après se fête les Retrouvailles dans la Vallée
 
Après les forêts se sont tranchées de télésièges
Après tonnent les canons et explose la neige
Après sur les pâturages, les sentiers et chemins
Après moins de vaches que de randonneurs tous terrains
Après on se transforme dans la Vallée
 
Maintenant Adayésselle classe et fait visiter tout
Maintenant montagnes et gîtes en mode virtuel
Maintenant c’est le retour de l’ours, du loup
Maintenant avec le vautour en mode naturel
Maintenant tout est figé dans la Vallée
 
Maintenant l’étranger dans les chalets s’est installé
Maintenant les hôtels, les fermes transformés en résidences
Maintenant le travail d’artisan en Chine s’en est allé
Maintenant c’est sans doute ailleurs que l’on danse
Maintenant plus rien ne bouge dans la Vallée
 
Aujourd’hui la neige est de culture
Aujourd’hui l’alpage est domaine skiable
Aujourd’hui le fromage est aux normes
Aujourd’hui le chalet bois est jaccusi confort luxe
Aujourd’hui on vit les volets clos dans la Vallée
Par Rauch de Ghiny
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